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Comparatif Academic OneFile / Academic Search Premier

  • Dernière Modification
    jeudi 27 septembre 2012

Avertissement

 
Ce document est le fruit du travail des groupes de veille thématique de Couperin.
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L’arrivée sur le marché de l’IST français, en 2008, d’un nouveau produit de Cengage Gale, Academic OneFile (AOF), très semblable dans sa conception, sa couverture et ses publics à Academic Search Premier (ASP) d’Ebsco, invite à comparer finement ces deux bases afin d’offrir aux bibliothèques universitaires des éléments susceptibles de guider leurs éventuels choix d’acquisition et/ou de désabonnement.

 

 

Cette comparaison a été effectuée à partir des listes de titres disponibles sous format excel dans chacune des deux bases. Elle porte sur les aspects académiques (présence d’un comité de lecture, etc.), bibliothéconomiques (texte intégral, revue dépouillée, etc.) et disciplinaires de ces produits. Un tableau de synthèse est proposé à la fin de ce document en annexe 1. Sauf exception, les chiffres cités correspondent au contenu des bases au 1er juin 2008.

 

I. Volume et qualité scientifique

 

Si l’on s’en tient à une simple comparaison de chiffres, AOF semble largement surclasser ASP :

  • 26 972 465 références contre 11 104 684 ;

  • 12 168 revues contre 8 285.

 

Du point de vue des ressources complémentaires aux revues, chaque base a sa spécificité :

  • dictionnaires, encyclopédies, cartes, documents sonores et vidéos pour AOF ;

  • livres, rapports et publications officielles pour ASP.

 

Dans les deux cas, la langue des données est, à 99,5%, l’anglais.

 

Cependant, il convient de dépasser ces volumétries brutes et de les confronter à la « qualité » scientifique des titres annoncés. Les chiffres deviennent alors beaucoup plus favorables à ASP, puisque 4 522 titres (55% de la base) sont disponibles en texte intégral (TI), contre 4 807 (40% de la base) à AOF. De plus, 3 749 revues d’ASP disponible en TI disposent d’un comité de lecture (45% de la base), contre seulement 2 508 pour AOF (21% de la base).

Une étude plus poussée a été menée pour essayer de déterminer la durée moyenne des collections rétrospectives associées aux titres en TI. Elle porte sur un échantillon de 169 revues présentes conjointement dans les deux bases et choisies aléatoirement. Les résultats font une nouvelle fois pencher la balance en faveur d’ASP :

 

Tableau 1 : statuts de 169 revues présentes sur les deux portails.

 

Statuts des revues

Nombre de titres d’AOF

Nombre de titres d’ASP

En texte intégral et vivantes

57

87

En texte intégral et mortes

25

7

Dépouillées

87

75

Total

169

169

 

Sources : fichiers excel d’ASP et d’AOF.

 

 

Pour les 57 titres en TI vivants d’AOF, le rétrospectif remonte à 10,5 années en moyenne, contre 20,5 années pour les 87 titres d’ASP. La différence est encore plus nette lorsque l’on s’attache aux titres en TI morts : de 1 à 5 ans de couverture seulement pour les 25 titres d’AOF, contre une moyenne de 11 années pour les 7 d’ASP. Enfin, si l’on compare les 44 revues vivantes en TI disponibles dans les deux portails, ASP obtient le meilleur rétrospectif dans 28 cas et AOF dans 12 cas (4 égalités).

ASP semble donc offrir davantage de titres vivants et en texte intégral, qui plus est sur une période plus longue. Il faut sans doute y voir un héritage de l’histoire respective de ces deux produits. Comme le montrent les graphiques 1 et 2, la différence de couverture du texte intégral peut s’expliquer par la date de lancement bien plus précoce d’ASP, dont l’offre est stabilisée depuis plusieurs années. À l’inverse, AOF est encore dans une phase d’accroissement très marquée : le nombre de références disponibles dans la base est ainsi passé de 1 065 996 en 2006 à 10 603 216 en 2007 et 26 972 465 mi-2008 ! Peut-être (mais il s’agit là de suppositions), afin de compenser leur manque d’antériorité par rapport au produit d’Ebsco, bien implanté dans de nombreux SCD, les responsables de Gale ont-ils choisi de se lancer dans une course au volume, ce qui expliquerait la proportion très importante de revues simplement dépouillées (60% de la base) et de revues sans comité de lecture ? Peut-être, également, les accords signés entre les éditeurs et Ebsco ont-ils contraint Cengage Gale à effectuer d’autres choix pour concevoir leurs produits ?

 

Graphique 1 : date du début du texte intégral des revues d’AOF.

 

Sources : fichiers excel d’ASP et d’AOF.

 

Graphique 2 : date du début du texte intégral des revues d’ASP.

 

Sources : fichiers excel d’ASP et d’AOF.

 

 

Cependant, AOF tire également un certain nombre d’avantages de sa stratégie éditoriale. D’une part, seuls 7% de ses titres en TI, soit 316 revues, sont sous embargo ; encore, pour 154 d’entre elles, l’embargo est-il inféieur à deux mois. À l’inverse, 50% des titres en TI d’ASP, soit 2 241 revues, sont sous embargo, dont 1 937 pour une durée de 9 à 12 mois. D’autre part, cette course à la taille contrainte par l’existence d’ASP permet à AOF d’aboutir à une offre très complémentaire de celle de son rival, puisque, en terme de revues en TI à comité de lecture, 68% des revues d’ASP et 53% des revues d’AOF ne sont pas présentes sur le portail concurrent (respectivement 58% et 61% pour les revues en TI, avec ou sans comité de lecture). Surtout, comme on le verra plus bas, cette complémentarité entre les deux bases peut être mise en œuvre en jouant sur les modèles économiques différents de Gale et d’Ebsco.

 

 

 

II. Disciplines couvertes

 

Réalisée dans le cadre du groupe de veille en LSH, cette étude s’attache prioritairement à ces disciplines, et s’efforce d’analyser plus finement l’offre d’AOF. Le contenu disciplinaire d’ASP est mieux connu de la communauté des bibliothèques et a déjà fait l’objet d’une fiche d’évaluation disponible sur le site de veille.

Du point de vue disciplinaire, les deux bases s’efforcent de couvrir l’ensemble des champs de la connaissance. AOF apparaît néanmoins proportionnellement moins bien doté en LSH qu’ASP. Comme le montre le graphique 3, 75% des revues disponibles dans AOF concernent les autres champs disciplinaires, avec une proportion quasi égale entre STM (40%) et Droit-Sciences politiques-Économie-Gestion (35%). ASP, pour sa part, contient 37% de revues en LSH.

 

 

Graphique 3 : répartition disciplinaire des revues disponibles dans AOF.

 

Sources : fichier excel d’AOF, redistribué selon la classification disciplinaire d’ASP.

 

 

Sur les 2 758 titres d’AOF que l’on peut ranger dans la catégorie des LSH, 1 568 (soit 57%) ne sont pas disponibles sur ASP, ce qui représente 13% du total des revues disponibles dans AOF. Si l’on en exclut, de plus, des thématiques qui sont plus en faveur outre-Atlantique, comme l’éducation, les sciences de l’information, communication et média, architecture et design, musique, arts et sport, on obtient un noyau d’environ un millier de titres concernant les disciplines des LSH les plus largement enseignées à l’université (philosophie, histoire, langues et civilisations, linguistique, etc.). D’après des sondages partiels, on peut estimer que, sur ce millier de titres, un peu moins de la moitié sont proposés en texte intégral et disposent d’un comité de lecture.

 

 

 

III. Modèles économiques

 

Tout comme le contenu de ces deux bases, leurs modèles économiques sont complémentaires. Autant celui d’ASP est classique et « rigide » (paiement d’un forfait annuel comprenant l’accès distant), autant celui d’AOF est souple et adaptable. En effet, Gale semble s’acheminer vers une offre très modulaire, jouant à la fois sur le nombre d’accès (de 1-3 accès simultanés jusqu’à l’accès illimité) et, surtout, sur la possibilité de composer des bouquets à la carte. La bibliothèque n’achèterait plus un bouquet prédéfini, voire l’intégralité de la base (ce qui reste, bien entendu, possible), mais un nombre de revues qui, selon Cengage Gale, pourrait être le suivant : 250, 500, 750, 1 000, 1 500, 2 000. Si l’offre de Gale correspond effectivement aux premières annonces, la nécessité pour les SCD d’évaluer très finement leurs besoins apparaît clairement, et ce d’autant plus s’ils payent déjà l’accès à ASP : le modèle économique d’AOF leur permet non seulement de compléter leur offre documentaire, mais également de rentabiliser au mieux leurs dépenses.

 

ASP et AOF apparaissent donc très complémentaires. La première l’emporte du point de vue de la qualité de son contenu, mais la seconde, grâce à son modèle économique, permet aux bibliothécaires de mener une véritable politique documentaire, titre à titre.

 


 

Annexe 1 : tableau comparatif.

 

NB : sauf mention contraires, les chiffres cités sont arrêtés à la date du 1er juin 2008.