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Typologie des offres e-books 2013

  • Dernière Modification
    vendredi 19 juillet 2013

Caractéristiques des offres d'e-books négociées pour 2013 au sein du consortium Couperin

Données validées à la date du 29 juillet 2013

Introduction

Comme en 2012, les offres se répartissent en trois grandes familles :

  • les offres proposées via des plateformes d'agrégateurs pluridisciplinaires,
  • les offres proposées via des plateformes d'agrégateurs spécialisés,
  • les offres proposées via des plateformes d'éditeurs.

Les offres soumises au réseau Couperin via ses négociateurs mais qui n'ont pas encore fait l'objet d'une négociation aboutie et validée pour 2013 ont également été analysées en l'état afin d'en faire ressortir les caractéristiques principales et esquisser les tendances d'évolution futures.

Plusieurs négociations n'ayant pas abouti en 2013, le nombre d'offres est sensiblement moindre qu'en 2012.

1. Trois types de plateformes productrices d'offres

1.1. Les plateformes d'agrégateurs pluridisciplinaires

Le prestataire de la plateforme regroupe des titres d'éditeurs différents, dans divers domaines. La couverture disciplinaire est large et le nombre de titres disponibles est grand : 60 000 à près de 650 000. La langue des documents est très majoritairement l'anglais et les types de documents variés : monographies, manuels, essais, ouvrages de référence, actes de congrès, etc. Seul l'un des fournisseurs anglo-saxons a nettement étoffé son offre francophone. L'unique agrégateur français reste cependant celui qui propose le plus large catalogue de titres en français. On note l'absence de manuels à jour, en dépit de quelques avancées.

 

Dans les formules d'achat présentes depuis longtemps, l'achat pérenne au titre reste le modèle économique dominant, parfois associé à des offres d'abonnement, sur titre ou sur bouquet chez trois prestataires sur cinq. À côté de ces modèles, on note la généralisation ou l'accroissement de modèles tarifaires plus récents :

  • le modèle du Patron Driven Acquisition (PDA) s'est généralisé chez tous les agrégateurs pluridisciplinaires représentés. Le lecteur final déclenche l'acquisition par son usage ;
  • le « short loan » permet un abonnement court (de un à 28 jours) à un ou plusieurs titres, chez deux prestataires.

Selon les éditeurs et le mode d'acquisition choisi, les accès simultanés sont uniques, multiples ou illimités. L'accès nomade est depuis l'an dernier possible avec tous les dispositifs (reverse proxy, fédération d'identités) sauf chez l'un des prestataires.


Les modalités de lecture restent diverses selon la plateforme et le choix de lire en ligne ou de télécharger (emprunt par le lecteur d'un fichier chrono dégradable). En général, la lecture en ligne ne nécessite pas de logiciel spécifique. A l'opposé, le téléchargement se fait toujours via le logiciel Adobe Digital Edition (gestion des DRM) ce qui nécessite une installation sur chaque appareil de lecture et est une contrainte importante dans le contexte des bibliothèques. Les documents sont généralement au format PDF, l'ePub étant désormais opérationnel chez deux fournisseurs et annoncé chez un troisième. Les fichiers sont tous annotables et la lecture sur liseuses et tablettes se généralise, un seul prestataire n'en offrant pas encore la possibilité.


Les services associés sont complets chez les éditeurs anglophones : récupération des notices au format MARC, statistiques COUNTER, formation et assistance technique aux utilisateurs.


Les impressions et les téléchargements pérennes par les lecteurs sont limités et très restrictifs (limitation du nombre de pages, tatouage) Le PEB est admis chez trois des cinq prestataires, mais de façon très encadrée et limitée (portion du document, tatouage).
Quand la copie de sauvegarde est possible, elle est très contrainte.

1.2. Les plateformes d'agrégateurs spécialisés

Le prestataire de la plateforme propose une sélection de titres dans un domaine disciplinaire bien défini en regroupant les collections des principaux éditeurs de ce domaine. La couverture disciplinaire est clairement définie et potentiellement spécialisée.
Les collections se composent de quelques milliers de titres de référence dans le ou les domaines représentés, avec un fort taux d'accroissement annuel. L'offre en langue française est plus large en proportion que pour les plateformes multidisciplinaires.


L'abonnement annuel à un ou plusieurs bouquets est le modèle dominant. Un seul prestataire, cette année, propose le choix entre abonnement et achat. Une souscription unique pour les Pôles de Recherche et d'Enseignement Supérieur (PRES) ou les Universités Numériques en Région (UNR), possédant un portail mutualisé, est possible chez presque tous les fournisseurs.


Concernant les modalités d'usage, l'accès simultané illimité est systématique sauf chez un éditeur. L'accès nomade est possible pour toutes les offres via un proxy mais à 50% seulement pour ce qui concerne la fédération Shibboleth.


La lecture en ligne est la norme. La lecture sur tablettes est cette année possible dans toutes les offres mais parfois réservée aux souscripteurs d'une collection complète. Les formats des documents sont très variés (propriétaire, flash, HTML, PDF, ePub) et de plus en plus rarement couplés avec des DRM (deux fournisseurs sur les six concernés les imposent). Les annotations personnelles sont proposées par un agrégateur, et annoncées chez deux autres.


La fourniture de notices est quasi systématique : un fournisseur nouvellement négocié les annonce pour l'automne. Les statistiques mensuelles sont également toujours fournies, et sont presque toutes COUNTER. Une formation ou une aide en ligne sont généralement proposées.


L'impression des documents est possible pour tous les prestataires sauf un, mais elle est limitée en quantité (quelques pages). Le téléchargement par le lecteur est parfois autorisé pour un faible nombre de pages. Le PEB est toujours peu répandu : il est autorisé par deux fournisseurs et reste limité à l'envoi postal d'une impression papier de quelques pages.


Aucune pérennité n'est envisagée au-delà de la période d'abonnement : il s'agit de donner accès pour une période donnée, sur le modèle des périodiques électroniques.

1.3. Les plateformes d'éditeurs

Cette catégorie d'offre est la plus nombreuse : 22 produits différents, certains avec des variantes d'acquisition (abonnement annuel ou achat). Douze ressources ont été retirées de ce panorama en 2013, les négociations n'ayant pas abouti.


Le prestataire de la plateforme est l'éditeur des documents qu'il propose sous forme d'une collection de monographies et d'ouvrages de référence dans une discipline spécialisée. Dictionnaires, ouvrages de référence et encyclopédies représentent une large part des produits proposés. Le nombre de titres est très hétérogène, allant de l'unité (encyclopédie, dictionnaire) à une collection de plus de 40 000 titres. L'actualité, la mise à jour et la complétude des contenus caractérisent les collections proposées. Ces ouvrages sont plutôt destinés à un public expert ou très ciblé. On notera que le français est très présent dans ces offres – c'est la langue unique de plus de la moitié des produits.


Les modèles sont très variés : achat ou abonnement, bouquets définis par l'éditeur ou par la bibliothèque, titre à titre. Les frais d'accès à la plateforme sont rares.


Cinq éditeurs ne proposent toujours pas de souscription unique pour les Pôles de Recherche et d'Enseignement Supérieur (PRES) ou les Universités Numériques en Région (UNR) possédant un portail mutualisé.


Comme l'an dernier, un éditeur propose une licence nationale sur dix ans par achat mutualisé. Le coût global de la licence, négocié en 2012, est pris en charge par un nombre minimum d'institutions qui acceptent de payer une quote-part unique. Les droits d'accès sont ensuite ouverts à l'ensemble des établissements d'enseignement et de recherche, qu'ils aient participé ou non au financement général.


L'accès nomade est désormais possible pour tous les éditeurs sauf pour ce qui concerne la fédération d'identités (Shibboleth ou Ahtens) compatible pour la moitié des offres seulement. L'accès simultané au document est majoritairement illimité, à quelques exceptions près.


L'usage le plus répandu est la lecture en ligne. Sept éditeurs proposent des fonctionnalités de téléchargement et/ou de lecture sur tablette ou liseuse, avec des contraintes techniques associées (présence d'un navigateur internet et/ou du logiciel ADE). Les documents sont souvent de format HTML ou PDF, généralement sans DRM. Le format ePub n'est présent que chez un éditeur, et la possibilité d'annoter les documents que chez cinq d'entre eux.


La fourniture des statistiques d'usage, l'assistance technique et l'aide en ligne sont systématiques. Et, dans la logique du bon signalement d'une collection de référence électronique, la récupération des notices est possible dans 80% des cas.


L'impression et le téléchargement par les lecteurs sont limités dans plus de 70% des offres : cette limitation peut être un pourcentage du contenu ou un téléchargement chapitre par chapitre. Quatre prestataires refusent toujours le PEB ; quand celui-ci est autorisé, c'est généralement avec des restrictions : limite de taille et/ou PEB limité au secteur académique et/ou sous forme d'impression.


La livraison d'une copie de sauvegarde (fichier numérique ou livre papier) est proposée par cinq offres basées sur le modèle d'achat et trois offres d'abonnement prévoient la livraison d'une copie de la version de l'année souscrite. Dans un cas, cette possibilité est une option payante.

2. Les évolutions constatées depuis un an

2.1. Les plateformes d'agrégateurs pluridisciplinaires

La place marginale des titres en français se confirme encore cette année. Le nombre de titres va croissant et le taux d'accroissement annuel est élevé. On regrette toutefois une complexification croissante des offres et des droits d'accès. Certains fournisseurs juxtaposent ainsi plusieurs modèles tarifaires : par exemple, d'un côté l'accès illimité soumis à l'utilisation de crédits et de l'autre un nombre d'accès limité. Ces types d'acquisition varient selon le titre selon la politique des éditeurs et brouillent la lisibilité des offres. Il faut craindre que ce point soit le corollaire de l'augmentation des contenus.


Concernant le modèle d'acquisition, on notera la généralisation du système du Patron Driven Acquisition (PDA), désormais proposé par tous les fournisseurs – à condition bien entendu que les droits aient été concédés par l'éditeur ; le dispositif de prêt court (short loan ou rental) est quant à lui offert par deux agrégateurs sur les cinq représentés.
La fourniture des notices est un service acquis, de même que la fourniture de statistiques, même si toutes ne sont pas encore COUNTER. La lecture sur tablette et liseuse est possible chez presque tous les agrégateurs.

2.2. Les plateformes d'agrégateurs spécialisés

Comme l'an dernier, le français représente une large part des éditeurs représentés, suivi par l'anglais.


La nouveauté cette année est la possibilité plus répandue d'utiliser des liseuses et/ou tablettes ; l'ePub reste quant à lui marginal.


La fourniture de statistiques (COUNTER à une exception près) et de notices est désormais la règle.

2.3. Les plateformes d'éditeurs

L'échec d'une négociation avec un éditeur qui fournissait une dizaine de dictionnaires et ouvrages de référence a fait baisser le nombre de produits étudiés. On notera l'hétérogénéité des volumes proposés, certaines offres concernant un unique titre (4 sur les 25), d'autres quelques dizaines, et certaines plusieurs milliers. L'offre en français s'élargit considérablement avec la constitution de bouquets dans cette langue chez un éditeur international.

Pistes d'évolution et conclusion

L'année 2013 se présente plus comme une année de consolidation des évolutions déjà présentes en 2012 que comme une année de modifications majeures. On notera en préambule que de nombreuses négociations ont, pour diverses raisons, échoué cette année ; nonobstant leur échec, certaines offres sortaient du cadre habituel et proposaient de nouveaux modèles économiques intéressants pour les bibliothèques, tel l'evidence based acquisition (Cambridge University Press par exemple).

 

Concernant les offres ayant abouti, on remarquera que les fournisseurs qui ne le proposaient pas encore ont presque tous introduit les fonctionnalités attendues en matière d'accès nomade, de fourniture de notices bibliographiques et de statistiques. Les fournisseurs ont également mis l'accent cette année sur l'accès aux ressources avec les matériels mobiles de lecture (liseuse et/ou tablette). Parmi les nouveautés intéressantes, il est à noter une plus grande flexibilité dans le contenu des bouquets sous abonnement avec désormais trois fournisseurs proposant la personnalisation du contenu de ces bouquets. Par ailleurs, ces agrégateurs proposent tous l'achat PDA.


Concernant les améliorations encore en attente, quatre points restent prégnants.

  • Il est à regretter que la TVA réduite ne soit pas appliquée plus systématiquement dès lors que les textes le permettent. Des progrès sont encore à réaliser sur ce point.
  • L'accès par Fédération d'identité ne se développe pas : cette fonctionnalité ne semble pas faire partie des priorités des fournisseurs.
  • Les possibilités de téléchargement, impression et copier-coller évoluent peu. Rares sont les fournisseurs qui empêchent complètement ces fonctions mais les fortes restrictions nuisent à un usage fluide des ressources. Ces contraintes sont un réel frein au développement de la lecture numérique notamment dans le cadre des collections à destination des étudiants, et freinent donc une intégration plus profonde des livres numériques dans la pédagogie.
  • L'archivage et la livraison des fichiers numériques, dans le cas des modèles d'acquisition par achat, ne sont toujours pas proposés. Les bibliothèques continuent donc d'acheter des accès plus que des documents et restent tributaires, pour la pérennité, des engagements des fournisseurs.
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