Les discovery tools (DT) sont des outils destinés aux bibliothèques, conçus pour fournir un seul point d'accès et indifféremment du support, du mode et du lieu de stockage, à toutes les ressources qu'elles proposent.
Louable objectif. On pourrait cependant commencer à parler d'eux par une mise en garde : les discovery tools (DT) ne répondront pas à toutes les attentes des usagers. L’interrogation des contenus avec une seule barre de type “Google” est ce qu’ils attendent.
Les DT présentent désormais ce type d’interface et donnent l’impression que tous les contenus sont enfin accessibles depuis ce point d’entrée unique. Or, si certaines bases centrales sont correctement interrogées, d’autres le sont mal voire pas du tout.
A l’heure actuelle, les éditeurs juridiques en particulier et les éditeurs francophones en général, ne souhaitent pas que leurs ressources soient indexées dans les bases de connaissances des DT. D’autre part certaines bases spécialisées comme Pubmed possèdent elles-mêmes des outils de recherche puissants qu’un DT ne peut remplacer. Pour continuer à exploiter efficacement ce type de bases, il faut donc les consulter avec leur propre interface de recherche. En conséquence, la mise en place d’un DT ne dispense ni des formations à l’utilisation des bases de données ni de la médiation documentaire assurée par les personnels des bibliothèques et centres de documentation.
Par ailleurs, l’intégration d’un DT avec un SIGB peut se révéler problématique. Le travail autour de l’outil avant et pendant sa mise en oeuvre est difficilement quantifiable (tâches de conversions, interface, etc.), et est gourmand en ressources humaines. La mise en route et la maintenance de l’outil après installation nécessitent au moins 1 ETP, voire plus.
La mise en place d’un tel outil, même si elle est relativement directe, peut aussi révéler d’autres besoins annexes difficiles à prévoir, et donc à inscrire au budget prévisionnel, des problèmes techniques pré-existants, restés jusque là “silencieux”.
Enfin, il est impossible de donner accès à toutes les ressources disponibles dans les établissements sans l’ajout d’une recherche fédérée.
On manque également encore de recul sur les statistiques d’utilisation des ressources électroniques avant/après l’installation d’un DT : les relevés de statistiques côté utilisateurs proviennent uniquement des Etats-Unis et sont “encadrés” par les fournisseurs.
De nombreuses bibliothèques sont à l'heure des choix : doivent-elles s'abonner à ce type d'outils et lequel choisir ? Couperin a pensé bon de faire le point sur ces nouveaux outils afin de les aider dans ce choix cornélien.
Couperin propose d’assurer une veille sur ces outils jeunes et en constante évolution, d’engranger et diffuser des informations sur les retours d’expériences (notamment sur la compatibilité des logiciels entre eux), de centraliser et diffuser des informations sur l’impact statistique concernant l’utilisation des ressources, de publier des orientations pour les choix à effectuer.
Par ailleurs, Couperin se propose de sensibiliser les éditeurs sur l’utilité de l’intégration de leurs ressources dans les index qui servent de “carburant” aux DT.
André Dazy et Thomas Porquet